Guadeloupe, on prolonge...
- levoyagedepytheas
- 13 juil. 2017
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 mars 2024
Voilà plus de 4 mois que nous avons accosté en Guadeloupe, et il nous semble que c'était hier.
Depuis notre arrivée, les événements se sont enchaînés si vite et si favorablement que nous avons rapidement décidé de prolonger l’escale.
En provenance de la Barbade, nous avons jeté l’ancre le 25 février dans l’anse Dupuy (pointe sud de la Basse-Terre) où nous avons été accueillis chaleureusement par Léa, avec qui Jean-Luc avait régaté il y a plus de 3 ans le long de la côte vermeille. Grâce à la voiture de Léa, Jean-Luc a trouvé après seulement trois jours du travail dans un club de plongée (Anse Caraïbe Plongée) à proximité de la réserve Cousteau. Nous y avons fait la connaissance de "Jazz" le patron, dont le flegme n’a d'égal que la gentillesse, de Valérie à l’accueil des plongeurs, qui n’a pas hésité à nous prêter sa bouée pour amarrer Pythéas dans l’anse Caraïbe, et de Mylène plongeuse le week-end et responsable d’une fouille archéologique la semaine, qui allait m’offrir de travailler avec elle.

Le 8 mars est arrivée mon amie Hélène, avec qui nous avons enfin pris le temps de découvrir un peu plus la Guadeloupe. Ensembles, nous avons sillonné les côtes de la Basse-Terre, la partie la plus verte et sauvage du « papillon » guadeloupéen. Au programme : Grand cul-de-sac marin et sa mangrove, Deshaies et sa grande plage de sable fin, le parc national des Mamelles et les cascades naturelles, randonnées à la Soufrière et aux chutes du Carbet, plongée aux ilets Pigeon et bains chauds de l’anse à sable, visite de la maison du cacao et du Mémorial Acte (musée sur l’esclavage), et même un crochet par les Saintes. (cf. article précédent).
Le lendemain du départ d'Hélène, j’ai troqué mes tongs contre des chaussures de sécurité pour aller fouiller sur le chantier de Mylène, depuis lequel je pouvais presque surveiller Pythéas au mouillage.

Puis j’ai à nouveau troqué mes chaussures de sécurité contre une paire de palmes pour suivre pendant près de 3 mois un stage dans un club de plongée (Atlantis formation) et valider un diplôme de monitrice.

Nous avons rapproché le bateau de mon club de plongée pour élire domicile dans la baie de Malendure, face aux "ilets Pigeon" de la réserve Cousteau.



Notre séjour prolongé dans cette baie très fréquentée par les tortues (86 au dernier recensement !) et par les voiliers nous a permis de faire la connaissance d’autres équipages, qui sont devenus pour certains des « bateaux copains ».
Cette expression évoque les relations d’amitiés entre les différents bateaux qui se croisent et se retrouvent au mouillage d'escale en escale. Jusqu’à présent, nous n’avions toujours pas eu l’occasion d'expérimenter ces rencontres, si bien que j’en arrivais à me demander si nous n’étions pas de parfaits sauvages ou si les récits qu’on en avait lu n’enjolivaient pas un peu la chose.
Puis un soir après notre journée de travail, alors que nous zigzaguions en annexe dans la baie pour aller discuter avec Altaïr, puis pour aller inviter La Vie en rose à l'apéro, puis pour aller saluer ce petit acier déjà croisé aux Canaries et au Cap Vert avant de rentrer à notre bateau, j’ai réalisé que nous étions en train de nous constituer cette fameuse flottille de « bateaux copains »…
Les échanges avec ces voisins de mouillage sont particulièrement enrichissants. Certains reviennent d’un tour du monde de 8 ans, d’autres naviguent aux Caraïbes depuis des années, d’autres découvrent comme nous les Antilles pour la première fois,… et nous récoltons auprès de chacun de précieuses informations pour préparer les prochaines étapes de notre voyage.
Cependant, le temps de larguer les amarres n’est pas encore arrivé. La Guadeloupe regorge de richesses dont nous sommes loin d’avoir fait le tour :
La Basse Terre est un paradis pour les randonneurs et amoureux de la nature. Sa végétation exubérante est incroyablement préservée. L’eau y coule partout à grands flots, justifiant du nom amérindien de la Guadeloupe : Karukera, l'île aux belles eaux. Dès que nous le pouvons, nous partons à la découverte de nouvelles cascades, de nouveaux chemins à travers cette épaisse forêt tropicale.



La Grande Terre est plus agricole et urbanisée mais surtout plus touristique. Nous n’y sommes encore que rarement passés si ce n’est pour aller admirer côté Atlantique de très beaux panoramas (Pointe de la Vigie, Pointe des Trois Châteaux).


De l’Est au Sud du papillon s'égrène un chapelet d'îles : La Désirade, Petite Terre, Marie-Galante et Les Saintes. La navigation jusqu’à ces îles se fait contre le vent et contre le courant, si bien que nous n’avons encore été qu’aux Saintes, mais nous comptons bien aller au-delà dès que nous aurons un peu plus de temps…

Ces dernières semaines, une bonne partie de ce temps a été consacrée à la plongée. C’est un univers incroyable, dont on ne se lasse pas d’admirer la richesse de la faune et la variété des paysages.
Bref, la Guadeloupe a tout l’air d’être un véritable paradis... mis à part l’enfer de Jarry, les accidents de la route de la Traversée , l’attente de 5 h chez le médecin, les prénoms pseudo-anglicisés tels "Jaïron", Gémaïa", Roveline"... et la menace des cyclones.
En effet, peu après le début de la saison humide a commencé en juin la saison cyclonique, nous obligeant à une vigilance quotidienne sur l’évolution de la météo.
Pour augmenter nos chances de nous tenir à l’écart et à l’abri d’un potentiel phénomène cyclonique, nous avons décidé de descendre dans le Sud de l’arc antillais entre août et décembre.
Cela nous donnera l’occasion de découvrir d’autres paradis....
... avant de revenir en Guadeloupe.