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Fakarava, Tuamotu

Dernière mise à jour : 21 mars

Voilà de longs mois écoulés sans vous avoir donné de nouvelles.

Mars 2024, alors que notre séjour aux Marquises s’achevait, nous vous laissions avec la promesse d’un nouvel article qui n’est jamais venu, zaï zaï zaï zaï.


La raison de ce long silence, outre un talent naturel pour la procrastination, tient en un mot : sédentarisation. Ces derniers mois ont marqué une pause dans notre voyage puisque nous nous sommes fixés aux Tuamotu …

Et à chaque fois que notre vie prend des allures plus routinières, j’hésite à la raconter, j’écris une grande parenthèse. Pourtant notre nouvelle expérience de vie à Fakarava n’a pas manqué de sel.

Mais n’allons pas trop vite et reprenons simplement là où nous nous étions arrêtés…


La saison cyclonique en Polynésie s’étend de Décembre à Avril.

Pour cette raison et bien d’autres, nous avions choisi de nous abriter dans l’archipel des Marquises durant cette période.

Mi-mars 2024, alors que la menace cyclonique n’était pas complètement écartée, nous décidions néanmoins de quitter les Marquises pour repartir vers l’Ouest et l’archipel de la Société. Là, nous devions retrouver Clément, fils cadet de Jean-Luc venu nous rendre visite 3 semaines.

Faute de vent suffisant pour nous emmener jusqu’à Moorea, nous avons fait escale au bout de quatre jours à Takaroa, une des îles du roi Georges située dans l’archipel des Tuamotu.


Pythéas amarré le long du quai à l'entrée de la passe de Takaroa
Pythéas amarré le long du quai à l'entrée de la passe de Takaroa

A l’instar de tous les atolls des Tuamotu, Takaroa est une île corallienne qui affleure très légèrement au-dessus du niveau de la mer. Ses eaux cristallines offrent une palette incroyable de bleus quand le vert de la végétation peine à s’imposer.

En provenance des Marquises, le contraste ne pouvait être plus saisissant.


Passe de Takaroa
Passe de Takaroa
Sterne volant au-dessus du lagon de Takaroa
Sterne volant au-dessus du lagon de Takaroa
Terrain de basket au bord de l'Océan, Takaroa
Terrain de basket au bord de l'Océan, Takaroa
Épicerie à Takaroa
Épicerie à Takaroa

Tels des naufragés volontaires aux confins du monde, nous avons passé à Takaroa quelques jours suspendus, envoûtés par cette ambiance si particulière des Tuamotu.


Une piscine aux eaux cristallines, Takaroa
Une piscine aux eaux cristallines, Takaroa
Réparation du gennaker sur le quai de Takaroa
Réparation du gennaker sur le quai de Takaroa
Coucher de soleil depuis le quai de Takaora
Coucher de soleil depuis le quai de Takaora

Le vent toujours aux abonnés absents, c’est au spi (= grande voile légère) que nous avons réussi à rallier laborieusement Fakarava où nous avons finalement décidé de faire commencer les vacances de Clément, ravi de rajouter une énième étape (Tahiti-Fakarava) à son interminable périple entre Toulouse et la Polynésie.


Pendant 15 jours nous lui avons fait découvrir les plus belles plongées des Tuamotu, depuis Fakarava en passant par Rangiroa jusqu’à Tikehau.


Route de Pythéas depuis les Marquises vers les Iles de la Société, via les Tuamotu
Route de Pythéas depuis les Marquises vers les Iles de la Société, via les Tuamotu
Route de Pythéas avec Clément, depuis Fakarava (Tuamotu) vers Moorea (Iles de la Société)
Route de Pythéas avec Clément, depuis Fakarava (Tuamotu) vers Moorea (Iles de la Société)
Bateau de plongée de Top Dive, lagon de Fakarava
Bateau de plongée de Top Dive, lagon de Fakarava
Passe de Tiputa à Rangiroa, où Clément a plongé avec les dauphins
Passe de Tiputa à Rangiroa, où Clément a plongé avec les dauphins
Belles retrouvailles et belles plongées entre Clément et son ami Nico Puig à Rangiroa
Belles retrouvailles et belles plongées entre Clément et son ami Nico Puig à Rangiroa
Clément comblé par la générosité des habitants de Tikehau qui nous ont offert poisson et Uru
Clément comblé par la générosité des habitants de Tikehau qui nous ont offert poisson et Uru

Puis, de Tikehau, poussés par un vent toujours trop faible, nous avons mis 48 h pour atteindre Moorea à la voile.


Arrivée à Moorea le 7 avril 2024
Arrivée à Moorea le 7 avril 2024

Cette île voisine de Tahiti est à nos yeux une des plus belles de l’archipel de la Société et Clément n’a pas eu trop de 4 jours pour la découvrir et s’émerveiller des contrastes de la Polynésie.


Grimpette au sommet du mont Rotui depuis lequel on a des points de vue incroyables sur l'île
Grimpette au sommet du mont Rotui depuis lequel on a des points de vue incroyables sur l'île
Point de vue sur la baie d'Oponohu depuis le mont Rotui
Point de vue sur la baie d'Oponohu depuis le mont Rotui
Après l'effort, le réconfort
Après l'effort, le réconfort
Clément est là pour aider son papa à souffler ses 59 bougies le 9 avril
Clément est là pour aider son papa à souffler ses 59 bougies le 9 avril
Clément depuis le Belvédère, avec le mont Rotui en arrière-plan
Clément depuis le Belvédère, avec le mont Rotui en arrière-plan
Tatouage polynésien avec le même tatoueur que papa, chez Lolo, à Moorea
Tatouage polynésien avec le même tatoueur que papa, chez Lolo, à Moorea
Clément en Polynésie

Après le départ de Clément, nous sommes restés à peine une semaine de plus à Moorea, le temps de finir d’installer notre nouveau régulateur d’allure Hydrovanne, réparer la cuve d’eau, changer la batterie du guindeau, faire une dernière corvée d’eau, … la routine en somme.


Nouveau régulateur Hydrovanne, qui remplace notre ancien régulateur Windpilot dont les énièmes réparations du safran auxiliaire seront venues à bout de notre patience
Nouveau régulateur Hydrovanne, qui remplace notre ancien régulateur Windpilot dont les énièmes réparations du safran auxiliaire seront venues à bout de notre patience

Puis nous nous sommes remis en route vers Fakarava où nous sommes arrivés le 22 avril 2024 au terme de 4 jours d’une « navigation compliquée et sportive » comme l’a sobrement reporté Jean-Luc dans son livre de bord.

Dès le lendemain, nous avons commencé à travailler dans un club de plongée comme moniteurs, et nous n’avons cessé de le faire pendant les 7 mois suivants pour notre plus grand bonheur.


Intervalle surface entre deux plongées, Fakarava Nord
Intervalle surface entre deux plongées, Fakarava Nord
Fakarava Nord, ponton d'O²
Fakarava Nord, ponton d'O²
Sortie plongée au Sud, pique-nique au motu des sables roses, Fakarava Sud
Sortie plongée au Sud, pique-nique au motu des sables roses, Fakarava Sud

Avant même de venir en Polynésie française, nous avions imaginé que ce serait une destination où nous aimerions passer du temps et travailler pour renflouer les caisses. Notre intuition s’étant confirmée sur place, nous avons cherché aux Tuamotu l’endroit qui nous offrirait le meilleur compromis entre propositions de travail et protection du mouillage.

Fakarava cochant le plus de cases, c’est donc sur cet atoll que nous avons décidé de nous établir pour une première saison de plongée.


Coucher de soleil depuis le cockpit de Pythéas dans le lagon, Fakarava Nord
Coucher de soleil depuis le cockpit de Pythéas dans le lagon, Fakarava Nord

Pour avoir le droit de travailler en Polynésie, lorsqu’on est arrivé en voilier et qu’on vit à bord, il faut papeetiser le bateau, c’est-à-dire s’acquitter d’une taxe d’importation représentant environ 7% de la valeur du bateau. (Plus d’infos concernant la papeetisation en fin d’article)

Outre la papeetisation, nous avons du obtenir de nouvelles cartes polynésiennes d’éducateur sportifs, déclarer un nouveau statut de « patenté » c’est-à-dire de travailleur indépendant, recycler notre diplôme ou transformer l’ancien BEES par le nouveau DEJEPS,…

Bref, tout ne s’est pas fait sans réflexion ni anticipation mais fin avril 2024, nous étions prêts pour commencer cette nouvelle activité de moniteurs à Fakarava.


La vie sur ce confetti perdu au milieu du Pacifique est une expérience unique et surprenante à plus d’un titre. Tout y est radicalement différent de ce qu’on a connu en Europe.

L’atoll de Fakarava est un des plus grands de Polynésie (56 km de long sur 18 km de large), mais c’est principalement dans son quart Nord-Est, autour de l’unique village de Rotoava, que se concentre son activité. Le dernier recensement en 2022 fait état de 949 âmes, dont les maisons parfois faites de bric et de broc se répartissent au milieu des cocoteraies sur une mince bande coralienne de 300 m de large et une vingtaine de kilomètres de long. L’unique route goudronnée de l’île -la route « Chirac » aménagée en 2003 pour une visite présidentielle qui n’a jamais eu lieu- relie l’aéroport au nord au PK 15 (Point Kilométrique 15) au sud du village.


Route au centre du village de Rotoava, vue lagon
Route au centre du village de Rotoava, vue lagon

Aucun embouteillage à déplorer aux heures de pointe, aucun radar, aucun feu de signalisation, juste une série de 14 ralentisseurs au centre du village, un permis de conduire spécial Tuamotu (capacité de conduire), aucun contrôle technique, et aucun contrôle routier car il n’y a pas de gendarmerie à Fakarava. La ceinture n’est de mise que trois jours par semestre, lorsque l’on sait qu’une délégation de gendarmes de Rangiroa s’est déplacée à Fakarava pour s’occuper des papiers officiels.


Signalisation Puamotu, Rien ne se perd tout se transforme
Signalisation Puamotu, Rien ne se perd tout se transforme

Le cœur de la vie de Fakarava bat dès 5h30 du matin à la boulangerie, l’un des rares commerces de l’île, à la fois supérette, quincaillerie, bureau de tabac, sex-shop, et boulangerie donc. On y trouve de tout et de rien, une fois et demi plus cher qu’à Tahiti, et les stocks s’épuisent au rythme des livraisons plus ou moins hebdomadaires des goélettes le Cobia, Le Marie-Stella et le Mareva Nui.


Déchargement de la goélette le Cobia 3, tous les mercredi
Déchargement de la goélette le Cobia 3, tous les mercredi

En temps de disette, quand les goélettes sont au carénage, les caisses de bières Hinano deviennent des denrées précieuses, le carburant est rationné, la farine manque et il n’y a plus de pain, les crackers Saõ sont dévalisés, seules restent les poires à 1500 francs pacifiques (13 €) le kilo.

Mais tout le monde est habitué et reste fataliste ou pragmatique.

Puis les goélettes reviennent et la vie au fil de l’eau peut reprendre son cours normal.

Si les ravitaillements des goélettes sont si importants, c’est que l’île est loin d’être auto-suffisante. L’île n’a comme ressources naturelles que ses cocotiers exploités pour la coprah et son lagon exploité pour la pêche vivrière et l’élevage de perles. Le terrain naturel étant composé majoritairement de corail il est difficile d’y faire pousser quoi que ce soit, et les tentatives fructueuse de fa’a’apu (plantations) sont rares.

Avoir une alimentation variée et végétarienne aux Tuamotu demeure une véritable gageure…


Outre les activités traditionnelles telles la coprahculture et la perliculture, c’est le tourisme qui rythme véritablement la vie économique de l’atoll. Pensions, clubs de plongée, restaurants, loueurs de vélos,… profitent de la manne financière que représentent les touristes débarqués par des vols inter-îles quotidiens ou par voilier. Lorsqu’un paquebot de croisière jette l’ancre dans le lagon, ce sont des centaines de touristes qui prennent l’île d’assaut, multipliant le temps d’une brève escale la population de Fakarava par 2 ou 3, pour le plus grand plaisir des échoppes d’artisanat de coquillages qui fleurissent alors le long de la route principale.


L’île possède son propre dispensaire mais en cas d’urgence ou de consultation spécialisée il faut se faire evasaner (mot valise pour décrire une évacuation sanitaire par avion) vers Tahiti. Les femmes enceinte doivent partir à Tahiti dès le 8ème mois pour y finir leur grossesse et anticiper tout accouchement prématuré.


Une école accueille les élèves du primaire à la 6ème, au-delà les enfants sont arrachés à leur famille pour continuer leur scolarité soit à Rangiroa (200 km) soit à Tahiti (400 km).


A l’instar de toute la Polynésie française, la religion chrétienne à Fakarava est très importante et la population si fervente qu’il ne faut pas moins de deux églises (de confession différente) pour accueillir la foi de ses ouailles aux offices quotidiens.


L’île n’offre que peu d’atouts pour les randonneurs qui atteindront son point culminant au sommet d’un dos d’âne, mais ses plages, son lagon et ses paysages sous-marins sont d’une beauté à couper le souffle.

Les passes Sud et Nord de Fakarava offrent les plus beaux spots de plongée car les courants de marée qui les traversent attirent une faune très riche et quantité de requins.


L'observatoire, passe Sud de Fakarava, photo de Mohea Moana
L'observatoire, passe Sud de Fakarava, photo de Mohea Moana

Passe Sud de Fakarava, photo de Mohea Moana

Reproduction des mérous, passe Sud de Fakarava, photo de Mohea Moana
Reproduction des mérous, passe Sud de Fakarava, photo de Mohea Moana
Raie Manta dans la passe Nord de Fakarava, photo de Youssef Kandoussi
Raie Manta dans la passe Nord de Fakarava, photo de Youssef Kandoussi

Il s’agit du plus bel endroit où il nous ait été donné de plonger, il n’y a pas une seule fois sur les centaines de plongées que nous ayons faites où nous ne sommes pas ressortis de l’eau ébahis par la beauté du spectacle que nous venions d’admirer, et même si les conditions d’encadrement des plongeurs sont parfois exigeantes, nous nous sentons infiniment chanceux de pouvoir exercer notre métier et notre passion dans un environnement aussi spectaculaire.



Impossible enfin d’évoquer Fakarava sans parler de ses habitants, de leur gentillesse, leur large sourire, leur pudeur aussi, leur goût de la fête, leur sens de l’entraide, leur simplicité, leurs traditions.

Si nous nous sentons si bien à Fakarava, c’est aussi car nous y avons rencontré des gens très attachants. Pour nous Fakarava restera toujours associé au rire perché d’Héléna, la voix chaude d’Irène, la gentillesse de Pasio, de Christophe, de Tino, de Téva, le chant de Manatua, la danse de Sidonie, et bien d’autres jolies choses comme le parfum de la coco qui sèche, celui des fleurs de tiaré que portent les femmes dans les cheveux, la lumière dorée qui inonde l’atoll en fin de journée, les couchers de soleil flamboyants, les requins au bord de l’eau, le bruit de l'océan qui se brise sur l'atoll, le vent dans les palmiers,...


La vie est belle à Fakarava
La vie est belle à Fakarava

Pour toutes ces raisons, la vie à Fakarava nous a énormément séduit et nous avons décidé de passer là-bas une deuxième saison en 2025, après un break de quelques mois dans les îles de la Société que je vous narrerai dans un prochain épisode…




Infos pratiques pour les navigateurs au sujet de la Papeetisation :

Lorsque l’on arrive avec un bateau français ou européen en Polynésie française, le bateau est considéré comme une importation temporaire pendant 2 ans, aucune taxe ne s’applique dessus.

Au bout de 2 ans, le bateau doit quitter la Polynésie française et revenir minimum 6 mois plus tard pour avoir à nouveau droit à 2 nouvelles années sans taxe.

Autrement, au-delà de 2 ans, le bateau perd son statut d’importation temporaire et vous devez vous acquitter d’une taxe qui représente environ 7% de sa valeur (à laquelle s’ajoutent des frais administratifs et douaniers) pour rester en Polynésie.

Vous êtes également redevable de cette taxe lorsque vous êtes arrivé avec votre bateau et que vous voulez travailler en Polynésie, quelle que soit la durée de votre séjour.

Cette taxe s’appelle la Papeetisation. Une fois la taxe payée, le bateau est papeetisé à vie et vous pouvez laisser votre bateau aussi longtemps que vous le souhaitez en Polynésie française.

Cette taxe est calculée sur la valeur du bateau.

La valeur des bateaux de série est calculée d’après une sorte de cote à l’argus.

La valeur des bateaux de construction amateur (comme le nôtre) doit être calculée d’après une expertise.

Dans notre cas, nous sommes passés par les services du shipchandler de Nuku-Hiva aux Marquises (Nuku Tai Nui Marine) qui a l’agrément pour établir une expertise du bateau (uniquement d’après inventaire et photos), et qui transmet le dossier de papeetisation à un courtier en douane à Papeete (Cabinet Gondrand).

Au final nous avons payé 90 € d’expertise et 2140 € de papeetisation (7,27% de taxe + frais de courtier en douanes + frais administratifs) pour un bateau estimé à 20000 €.

Le traitement de notre demande de papeetisation à partir de l’expertise a pris seulement 2 semaines.

 

2 Comments


heike.molenaar
heike.molenaar
Mar 23

Tu m'as fait rêver encore une fois de plus, Mathilde. Je viens d'avoir 60 ans (16 mars) et peut-être que je vais m'offrir (ou me faire offrir) une petite virée par là-bas pour y tremper mes palmes ... au moins une fois dans ma vie j'aimerai voir ça. MERCIIII en tout cas pour ce beau moment d'évasion. Bises. Heike

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Leanis Leanis
Leanis Leanis
Mar 22

Vous m avait fait rêver

Cette Attol vous va tellement bien

Mon copain moi j ai 60 demain ´je penserais à toi le 9 je vous embrasse

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